Cours disponibles

Analyser : les mutations géopolitiques, socio-économiques et culturelles du Caucase du sud.

Informer : les décideurs publics, les ONG, les médias, les institutions (conférences, etc.)

Former : de jeunes chercheurs ou de jeunes experts sur différents aspects de la région.

Connecter : les acteurs locaux et internationaux dans une logique de dialogue régional : colloque, séminaire, rencontres culturelles, etc.

Dans un premier temps campus numérique arménien doit se situer dans le domaine universitaire : crédibilité académique : importance des intervenants.

On doit avoir des axes stratégiques d’étude. Par exemple :

A. géopolitique et sécurité (Arménie/Azerbaïdjan après la guerre du Haut-Karabagh ; présence turque, russe et iranienne et politiques européennes et américaines dans la région.)

B. Économie et développement (Diaspora et développement ; transition post-conflit et diversification économique ; innovation numérique ; coopération régionale et intégration commerciale)

C. Culture, mémoire et diplomatie (rôle du patrimoine dans la politique régionale, retour du religieux dans le Caucase du sud, rapport de genre et histoire des femmes, discrimination et violences domestiques et politiques mémorielles.)

D. Société et gouvernance (mobilisation civique, société civile, migrations, transnationalité ; identité, jeunesse, diaspora et réforme politique, État de droit, etc.)

Le christianisme arménien, socle identitaire millénaire et patrimoine mondial, est la cible d'un révisionnisme historique et d'une guerre informationnelle systématiques. Son histoire et ses monuments, notamment au Haut-Karabakh (Artsakh), sont menacés d'effacement par falsification, désinformation et destructions.

Face à cette menace, cette conférence se propose de :

  • Sensibiliser à la richesse et à la vulnérabilité de cet héritage unique. 
  • Analyser les mécanismes du révisionnisme (négation, appropriation illégitime) et identifier ses acteurs étatiques ou autres.
  • Décrypter les tactiques sophistiquées de la guerre informationnelle (propagande, désinformation ciblée, manipulation des médias sociaux). 
  • Évaluer les impacts profonds sur le patrimoine culturel, les droits humains des populations concernées et la stabilité géopolitique régionale.
  • Explorer les stratégies de riposte : documentation scientifique rigoureuse, développement de contre-discours factuels, mobilisation du droit international et plaidoyer auprès des instances compétentes. 

Les axes d'étude incluront : l'histoire et la spécificité du christianisme arménien comme enjeu mémoriel ; les manifestations concrètes du révisionnisme sur le terrain et en ligne ; les outils et vecteurs de la désinformation ; les enjeux juridiques et géopolitiques liés à la protection du patrimoine en péril ; et les initiatives de préservation et de défense de la vérité historique. Cette conférence est essentielle pour comprendre les dynamiques actuelles de manipulation de l'histoire à des fins politiques et pour mobiliser les savoirs afin de défendre un patrimoine commun de l'humanité, vital pour l'identité arménienne et pour la mémoire collective universelle.

Quatre universitaires examineront les diverses facettes de cette question :

  • Pierre Gueydier (Univ. Catho. de l’ouest), sur les politiques d’influence
  • Remi Korman (Univ. Catho. de l’ouest), sur les politiques révisioniste 
  • Alain Navarra di Borgia (Univ. Bologne – Haystart), sur la préservation du patrimoine en zone de conflit 
  • Maxime Yevadian (CNRS Lab. Hisoma – Chaire d’Arménologie de Lyon) sur la patrimoine culturel arménien

Le concile de Nicée tenu entre les 20 mai et 25 juillet 325, il y a 1700 ans exactement a acté les bases de la foi de tous les chrétiens. Il constitue le socle de discussion et d’échange entre toutes les traditions chrétiennes.
C’est à cette époque et dans ce contexte qu’il faut analyser la christianisation de l’Arménie.

SÉANCE 1 : La conversion de l’Arménie -I : date et contexte
Le contexte historique mérite d’être étudié avec précision. Nous examinerons les contextes politiques romain, sassanide et arménien avant de préciser la question de la date de conversion selon toutes ses dimensions. 

SÉANCE 2 : La conversion de l’Arménie -II : les faits et leur analyse
Nous analyserons tous les moments clé du processus de conversion du roi Tiridate III et de sa cour vers l’an 294/295 ainsi que la construction d’une Église d’État en Arménie jusqu’aux années suivants le concile de Nicée.

SÉANCE 3 : Nicée et l’Union à la Grande Église
Le concile de Nicée et les controverses liées notamment à l’arianisme seront examinées selon diverses temporalités. La crise arienne et ses conséquences au IVe siècle ; puis les conclusions fondamentales prises à Nicée qui ont orienté l’évolution des églises seront traitées.

SÉANCE 4 : La tradition nicéenne en Arménie
Par le Père Houssig Sargsyan
Le Père Houssig étudiera sur le temps long, l’héritage de la tradition du concile de Nicée dans l’Église apostolique arménienne.

L’affirmation chrétienne en Arménie a été un fondement durable de son identité spirituelle, culturelle et politique. Nous examinerons dans ce cours le contexte de l’État et du paganisme arménien avant d’analyser l’émergence d’une communauté hébréochrétienne, qui donne à cette Église son nom d’« apostolique » ainsi que la remise en cause par des diverses déviances.

SÉANCE 1 : Introduction générale – paganisme
L’introduction générale nous permettra de présenter le contexte du développement de la culture arménienne. Puis nous évoquerons ce que nous savons du paganisme arménien, en utilisant un type de sources peu exploitée, la numismatique car les revers des monnaies artaxiades donnent des informations de première importance du le panthéon arménien.

SÉANCE 2 : Histoire politique et culturelle de l’Arménie dans l’antiquité
L’évolution politique du plateau arménien est un élément essentiel à comprendre pour saisir précisément les évolutions religieuses de cette société.

SÉANCE 3 : Barthélemy et la fondation de l’Église
Le personnage de Barthélemy, son rôle au sein du collège apostolique sera étudié, ainsi que ses missions jusqu’en Grande-Arménie pour évangéliser les communautés hébraïques. Enfin, la fondation d’une Église, réellement apostolique sera présentée.

SÉANCE 4 : Les hérésies et les déviations et leurs conséquences
Durant la période des deuxièmes et troisièmes siècles, nous verrons que le christianisme arménien a été travaillé par des influences diverses et contradictoires qui, pourtant, n’ont pas altéré le legs apostolique.

Ce cours examinera l’histoire des relations religieuses et politiques de l’Empire romain et de l’État arménien. Après avoir analysé la conversion de Tiridate III l’an dernier, nous analyserons cette de l’empereur Constantin Ier et son évolution religieuses d’un culte d’Apollon à celui de Jésus, puis une christologique arianisante (subordinationiste) accentuée sous ses fils ce qui orienta de manière réelle la relation politique entre les deux État. Après l’étude des enjeux liés à l’arianisme impérial, l’évolution vers une définition religieuses commune, nicéenne, sera examinée. Cette dernière favorisa l’invention et la diffusion de l’alphabet arménien.

SÉANCE 1 : Introduction et évolution religieuse de Constantin (310-337)
La première séance sera consacrée, après les considérations générales, à la conversion de Constantin Ier et son évolution religieuse depuis une dévotion aux cultes d’Apollon (310-311), sa conversion au christianisme exprimée d’abord de manière neutre (312-324) puis de plus en plus affirmée (324-337). La question de la relation à l’arianisme sera analysée.

SÉANCE 2 : Les monarchies rénovée par le christianisme ?
Nous étudierons dans cette séance, l’importance sur christianisme dans la refondation religieuses des deux États, malgré les oppositions interne au christianisme du IVe siècle. Puis l’évolution de l’état romain sous les fils de Constantin et particulièrement de Constance II vers l’arianisme aussi appelé courant subordinationiste ou parti eusébéen.

SÉANCE 3 : L’évolution arienne de la famille constantinienne et ses conséquences en Arménie (337-380)
L’arianisme comme christologie officielle de la famille constantinienne ne pouvait pas avoir de conséquence dans la relation entre l’Empire romain et la Grande-Arménie. L’évolution de cette relation éclaire plusieurs pans de l’histoire arménienne du IVe siècle, qui sinon, est inintelligible.

SÉANCE 4 : Le dépassement de la crise arienne par l’affirmation nicéenne, et l’ouverture à des préoccupations nouvelles : le besoin d’un alphabet pour l’arménien
Après l’affirmation théodosienne de la foi nicéenne (381), une nouvelle page s’ouvrit pour l’Arménie, bien plus apaisée dans ses rapport avec l'empire romain, qui permit la création d’un alphabet arménien et sa diffusion en Arménie ainsi que dans la partie romaine de l’Arménie. Cette diffusion intervient juste avant le renversement de la dynastie des Arsacides d’Arménie (428).

Créer malgré tout, l'enfermement, l’exil et la censure l'exemple de Paradjanov sera le fil rouge de cette interrogation et de ce parcours de formation. Du réalisme soviétique aux modernités des années 1980/1990, nous nous intéresserons au parcours du cinéaste-plasticien d'origine arménienne et à la création arménienne du temps de l'Union soviétique. Une histoire qui mêle innovations plastiques et contraintes idéologiques. A partir d’un art qui ne rompt jamais avec l'esthétique traditionnelle, peut-on parler d'avant-garde ? Quelles sont les particularités de la création arménienne durant le régime communiste ?

I et II - Sergueï Paradjanov et le cinéma
III- Sergueï Paradjanov, et les arts plastiques 
IV- Réalisme socialiste, modernisme, modernités
V- Approche architecturale : du modernisme soviétique aux mutations de Erevan post indépendance 
VI- Soviétisation de l'Arménie, censures et contestation

L’art du livre manuscrit occupe une place unique dans l’histoire culturelle et religieuse de l’Arménie, où il se situe à la fois comme objet liturgique, œuvre d’art et témoin de la vie intellectuelle et spirituelle médiévale et moderne. Ces manuscrits se distinguent par leurs systèmes d’illustration singuliers, leurs thèmes et modèles iconographiques caractéristiques, ainsi que par les modes de transmission qui ont assuré leur pérennité à travers les siècles.
Au-delà de leur dimension esthétique, les manuscrits arméniens révèlent l’organisation sociale et culturelle de leur époque. Les colophons, véritables trésors historiques, fournissent des informations précieuses sur les conditions de production, les commanditaires, les destinataires et l’ensemble des acteurs impliqués dans leur élaboration. Ils permettent également de comprendre les contextes historiques, sociaux, religieux et politiques dans lesquels ces ouvrages ont été conçus et utilisés.


SÉANCE 1 : Introduction à l’art du livre manuscrit en Arménie médiévale
Le cours portera sur le livre manuscrit arménien en tant qu’objet liturgique, artistique et culturel, au cœur de la culture médiévale. Il mettra en évidence le rôle central du Livre, et plus particulièrement de l’Évangéliaire, pour l’Église apostolique arménienne, ainsi que son influence sur le développement de la vie spirituelle et de la pratique religieuse.

SÉANCE 2 :  Les systèmes d’illustration des évangéliaires arméniens médiévaux
Le cours portera sur les systèmes d’illustration des évangéliaires arméniens, en lien avec leur composition codicologique et leurs spécificités artistiques. Il analysera la complémentarité entre l’image et le texte dans la transmission de la parole « inspirée par Dieu ».

SÉANCE 3 : Programmes iconographiques des évangéliaires arméniens
Le cours portera sur les programmes iconographiques des évangéliaires arménien, organisés autour de cycles narratifs et de thèmes théologiques. Il montrera comment l’image traduit, transmet et interprète le texte sacré, en enrichissant sa lecture.

SÉANCE 4 : Les colophons des manuscrits arméniens médiévaux
Le cours portera sur les colophons en tant que sources essentielles pour comprendre la production des manuscrits et leurs acteurs : scribes, miniaturistes, relieurs, orfèvres, acquéreurs et commanditaires. Il mettra en évidence leur apport à la connaissance des contextes historiques, sociaux et religieux.

À l’époque moderne, entre le XVIe et le XVIIIe siècle, l’Arménien occupe une place singulière dans l’imaginaire européen.
Voyageur, marchand et intermédiaire culturel, il devient une figure familière des routes reliant l’Orient à l’Occident.
Dans les récits de voyage, l’« Orient rêvé » désigne souvent un Orient réel, observé à travers les échanges commerciaux, culturels et diplomatiques.
Les Arméniens sont perçus comme des hommes instruits, polyglottes et habiles dans le commerce international.
Présents à Venise, Livourne, Marseille, Amsterdam ou encore Ispahan, ils participent activement à la circulation des biens et des idées.
Cependant, leur image reste parfois marquée par des stéréotypes hérités des représentations orientales européennes. Les récits des missionnaires et des voyageurs occidentaux représentent une source de premier plan qui éclaire la situation d’une communauté chrétienne ancienne vivant sous domination ottomane ou perse.
Entre fascination et méfiance, l’Arménien apparaît comme un médiateur entre deux mondes culturels interconnectés à l’époque moderne.


SÉANCE 1 : Quel Arménien pour quel Orient aux XVIIe - XIXe siècles ?
Par Alain Navarra-Navassartian

Les relations de voyage du XVIIe siècle de Jean Chardin, Joseph Pitton de Tournefort, Jean-Baptiste Tavernier, François de La Boullaye-Le Gouz, Jean Thevenot, l’Italien Pietro della Valle, fournissent une mine de renseignements sur les conditions matérielles des voyages ainsi que des anecdotes mettant en scène les habitants des contrées traversées.

SÉANCE 2 : Les Arméniens et la littérature italienne des XVIIe- XVIIIe siècles
La littérature italienne de l’époque moderne a d’illustres représentants arméniens originaires de la Nouvelle-Djoulfa et installés en Italie dans le cadre du négoce des produits de luxe entre les Indes et l’Occident. Certains s’illustrent dans le roman comme Zaccaria Scerimanian, d’autres apparaissent comme les dédicataires de choix d’ouvrages à succès grâce à leur activité de mécénat des arts et des lettres.

SÉANCE 3 : L’image de l’Arménien dans l’opéra baroque
Cette séance sera fondée sur le répertoire dramatique et opératique désormais riche et bien connu de l’époque baroque mettant en scène des Arméniens réels ou fictifs, ainsi que l’Arménie, un espace connu et imaginé.


SÉANCE 4 : Les Arméniens, acteurs et témoins des transculturalités des Indes à l'Occident au XVIIe siècle 

A l’époque moderne, la circulation des savoirs va de pair avec la circulation des marchandises. En Inde, la culture indo-persane est déjà le fruit d’une rencontre entre deux cultures, dont les Arméniens vont se faire les porte-voix en Europe. C’est le début de la « Renaissance orientale ».

La Terre sainte et son centre, Jérusalem, ont une place à part dans l’histoire des Arméniens qui entretiennent des liens stables et intimes avec la vie terrestre de Jésus-Christ. Le patriarcat arménien y occupe une position privilégiée en tant que gardien des Lieux saints chrétiens dont il partage la propriété et l’usage avec le patriarcat grec orthodoxe et la Custodie de Terre sainte. Il possède également un des quatre quartiers de la vieille ville, qui représente 1/6e de l’ensemble de cet espace.

Le durcissement du conflit israélo-palestinien, en ce qui concerne notamment le partage de la ville de Jérusalem, et l’évolution de la géopolitique régionale menacent aujourd’hui cette présence arménienne multiséculaire comme celle de tous les chrétiens dans cette région incandescente.


SÉANCE 1 : I - Un lieu de pèlerinage sur les traces du Christ
Le premier cours analysera la première caractéristique de cet espace pour les Chrétiens d’Arménie et au-delà : il permet de voir les lieux où le Christ a vécu. Ainsi, dès années 330 une foule de pèlerins arméniens vont affluer vers Jérusalem et les principaux lieux de Terre sainte, en pèlerinages individuels ou en groupe pouvant régulièrement atteindre 10 000 personnes jusqu’à la veille du génocide.

SÉANCE 2 : II - Un lieu de vie spirituelle et monastique
Dans ce cours nous allons découvrir la totalité les inscriptions arméniennes sur mosaïque qui s’échelonnent du VIe siècle au début du VIIe siècle. Ces inscriptions dessinent une première géographie de la présence arménienne qui est confirmée et développée par la liste du vardapet Anastase. Ce document exceptionnel datant du VIIe siècle dresse les 70 lieux appartenant, ou ayant appartenu, aux Arméniens. L’étude des diverses phases rédactionnelles permet d’appréhender l’évolution de la perception de la bigarrure religieuse de Terre sainte et des divers types de lieu habités par les Arméniens.

SÉANCE 3 : III - Un lieu de production intellectuelle, de confrontations et d’échanges
Ce cours permettra de découvrir que dans les monastères de Terre sainte des scriptorium (lieu de copie) ont été actifs durant des siècles et ont permis l’enrichissement de la culture arménienne. Ainsi grâce aux travaux du Père Renoux on sait que la liturgie de Jérusalem a été traduire en arménien, peu après 417, pour devenir la base de toute la tradition liturgique et probablement aussi hymnologique arménienne. De plus, les travaux récents de Bernard Outtier permettent d’affirmer que les Psaumes et les Évangiles géorgiens ont été traduit en Terre sainte avec la version arménienne de la Bible en regard, pour résoudre les difficultés de la traduction du grec.

SÉANCE 4 : IV - Une présence pérenne sans cesse confirmée et remise en cause
Nous étudierions les vies des grands moines et fondateurs de laures des VIe-VIIe siècles qui sont originaires d’Arménie ce qui permettra de penser les origines du monachisme arménien. Ensuite nous examinerons les querelles christologiques consécutives au concile de Chalcédoine (451) et ses conséquences dramatiques en Terre sainte. Puis l’essor de l’Islam sera analysé avec une dialectique de relation nouvelle pour les prélats arméniens, puis le patriarche après l’affirmation du Patriarcat, consistant à œuvrer pour avoir de bonnes relations avec les nouvelles élites et se faire confirmer régulièrement les possessions traditionnellement aux mains des Arméniens.
Ce cours s’arrêtera avec l’arrivée des Ottomans en 1516.


Focus : La situation actuelle du patriarcat arménien

Installée dans la lagune de Venise grâce à un contexte extraordinairement favorable, l’Ordre des Pères Mékhitaristes ont joué un rôle essentiel pour la modernisation de la pensée du peuple arménien aux XVIIIe et XIXe siècles, et sa découverte par le monde intellectuel européen. Dans leurs deux abbayes et des dizaines d’écoles les Pères ont formé des générations d’intellectuels et une réelle élite pour la nation arménienne. 


SÉANCE 1 : I - Venise et l’Orient une relation séculaire

SÉANCE 2 : II- Mekhitar de Sébaste, un homme et une œuvre au service du peuple arménien
La vie du fondateur de l’Ordre des Pères Mékhitaristes va être étudié en montrant ce qu’il a de commun avec les intellectuels arméniens qui l’on précédés, notamment les prélats imprimeurs des XVIe et XVIIe siècles. Puis les éléments originaux seront examinés, notamment la portée de sa conversion au catholicisme. Enfin nous aborderons les missions que le fondateur s’est donné, missions qui sont jusqu’à présent portées par les moines.

SÉANCE 3 : III- Mikael Tchamtchian et les grands disciples
À la mort de Mékhitar, ses disciples ont continué et même amplifier son action à tous les niveaux. Nous évoquerons les grands axes de la tradition mékhitaristes en l’illustrant par les principales réalisations de l’Ordre et des principaux Pères qui en ont été les chevilles ouvrières.
Puis nous accorderons une importance particulière à Mikael Tchamtchian qui est parfaitement illustratif du haut niveau intellectuel atteint par Mékhitar et ses principaux disciples en analysant particulièrement son Histoire d’Arménie et sa pérennité dans l’affirmation identitaire des Arméniens à l’époque moderne.

SÉANCE 4 : IV- L’action de l’abbaye de Vienne
A la mort du fondateur, il y a eu schisme au sein de l’abbaye et une partie des moines sont partis à Trieste, puis à Vienne, où ils ont fondé une nouvelle abbaye qui a joué un rôle notable au sein des élites de l’empire Austro-Hongrois. Par sa situation géographique cette abbaye a profité à plein de l’apport de la culture germanique et a développé un haut niveau de compétence, notamment dans le domaine linguistique.

SÉANCE 5 : V- La tradition théologique et philosophique des Pères Mékhitaristes
Par Benedetta Contin
Les Pères Mékhitaristes, à commencer par Mékhitar lui-même, ont développé une recherche théologique et philosophique originale. D’une part il ont cherché à défendre et illustrer la théologie de l’Église arménienne en la présentant d’une manière compatible à l’Église catholique. D’autre part, ils ont eu un constant souci de l’enrichir par la traduction de traités issu du monde latin. Enfin, ils ont développé la production d’instruments pédagogiques pour former les élites arméniennes durant près de deux siècles avec les meilleurs outils conceptuels possibles.

SÉANCE 6 :VI- Léonce Alishan, poète et historien d’une Arménie radieuse
Par Benedetta Contin

SÉANCE 7 : VII- Luc Indjidjian et la géographie rêvée de l’Arménie
Par Benedetta Contin
Les Pères mekhitaristes ont introduit une branche d’études tout à fait nouvelle dans le panorama scientifique du dix-huitième et dix-neuvième siècle, et notamment la recherche ethnologique et archéologique. Cette entreprise avait été inspirée par les spéculations et modèles théorétiques de la philologie allemande du dix-neuvième siècle et par les idéaux romantiques de revitalisation de la culture et civilisation grecque et hellénistique (panhellénisme). Les plus actifs dans le projet de forger le pan-arménisme et donc de renouveler le passé arménien avec ses traditions populaires et son espace d’appartenance ont été sans doute Ghukas Inchichian (1758-1833), Ghewond Alishan (1820-1901) and Suk‘ias Efrikian (1873-1952). 

SÉANCE 8 : VIII- Le mouvement des traductions vers l’arménien et de l’arménien
Par Bernard Outtier
Les Pères Mékhitaristes ont joué un rôle essentiel dans l’édition et la diffusion auprès du monde académique européen des trésors de la littérature gréco-latine conservé en arménien, comme des joyaux de la patristique arménienne. Quelques exemples choisis montrent à quel point leur apport a été décisif. Parallèlement, les Pères ont traduit en arménien près de 150 œuvres antique et classiques européennes dans le but d’enrichir la pensée arménienne et de former les enfants de leur nation avec les meilleurs outils de leur temps.

SÉANCE 9 : IX- L’action pédagogique des Pères Mékhitaristes
La dernière séance traitera du réseau de écoles mékhitaristes qui est le plus vaste réseau d’école arménienne constitué à travers le monde jusqu’à présent. Du vivant même de Mékhitar, des écoles arméniennes ont été fondées en Europe centrale au profit des enfants des diasporas arméniennes. Les Pères ont formé des générations d’enseignants et de directeurs, mais ils ont aussi composé des manuels scolaires, des dictionnaires et développer tout un répertoire de théâtre pédagogique pour formes leur élèves à l’éloquence et l’argumentation.

On pourrait avancer que c’est le « sentiment national » des Arméniens diasporiques qui s’est exprimé durant la guerre des 44 jours. Pas l’identité nationale ou l’appartenance nationale puisque dans ce cas précis le nationalisme est détaché de son attribut territorial. Par contre, le lien entre identité et mémoire, le rapport affectif à la Nation arménienne se sont trouvés amplifié par le conflit, son traitement médiatique, son traitement international ou le sentiment d’être seuls face au reste des puissances.
La Nation arménienne est un terme que l’on a retrouvé fréquemment dans les commentaires des internautes ou sur les réseaux, dans les affirmations ou exemples donnés par des activistes de la cause arménienne et exprimé aussi au travers des interventions de certains experts. Mais aussi une Nation comme communauté imaginée. Mais la violence de la guerre, les lacunes dans la représentation du groupe au niveau national, entre autres, ont, aussi, laissé apparaître un ensemble de revendications, de mises au point ou de demandes de réformes qui soulignent comment une identité et un sentiment d’appartenance donnés pour « naturels » sont aussi des arrangements sociaux, objets de débats, y compris politiques.


SÉANCE 1 : I- Le conflit de l’Artsakh et la diaspora
Cette guerre a été l’occasion de constater comment les Arméniens en diaspora se sont appropriés, ont revisité ou contesté les discours, les évènements ou les symboles mis au point par les instances dirigeantes communautaires. Les questions politiques et sociales ont fait un retour fracassant dans les normes de l’arménité et dans l’expression de cette arménité, jusqu’à remettre en cause les structures existantes. L’extrême connectivité de la diaspora durant la guerre avec l’Arménie a redessiné les liens avec la République d’Arménie.

SÉANCE 2 : II- De l’appartenance à l’identité : champs politique démocratie intracommunautaire et culture citoyenne
Champs politique démocratie intracommunautaire et culture citoyenne. Un itinéraire personnel ne peut être mis à part d’évènements collectifs qui sont à l’origine même de la communauté à laquelle nous pensons appartenir : les Français d’origine arménienne. La communauté d’origine, la langue, la culture, la religion renvoient dans ce cas au lignage, à la famille. L’enracinement dans une origine reste, semble-t-il, essentiel. Non pas dans un sens nostalgique et, encore moins, dans le sens d’une idéalisation de la race. Mais cette identité objective (être d’origine arménienne) et les divers facteurs qui composent cette identité doivent permettre de chercher le global dans le local. De situer les identités singulières à la jonction de la vie familiale ou privée et celle plus large de la société et de la nation. L’évolution, l’affirmation et la modification d’une communauté sont, aussi, déterminées par les actions de ses membres pour prendre part à ce processus. Quant à certains, pour que ce processus puisse les intéresser, il faut qu’il y ait de la place à un fonctionnement plus démocratique au sein de la communauté.


SÉANCE 3 : III- Une diaspora connectée comme espace transnational ?
Diaspora arménienne historique et guerre de l’Artsakh (Nagorno-Karabagh) : Une diaspora connectée pendant le conflit et dans le processus post-conflit. Quels buts, quels résultats au-delà des nostalgies et de l’introspection identitaire ?
La guerre des 44 jours de 2020, contre l’Azerbaïdjan, a suscité l’utilisation massive, par les différentes diasporas arméniennes dans le monde, des espaces numériques, notamment, Facebook et twitter. Ils sont devenus des instruments de publicisation de la cause arménienne et également une tentative d’organisation de la lutte ou de la contestation face aux décisions des instances internationales, face à leur silence ou à leur refus d’agir telle l’UNESCO et ses tergiversations pour se rendre en Artsakh.
Dans quelle mesure les technologies de l’information et de la communication (TIC) permettent-elles aux diasporas de rester en contact avec leurs proches demeurant au pays ou avec les réalités de ce dernier ? Jusqu’à quel point internet offre-t-il à ces populations un moyen de faire entendre leurs voix dans leur pays de résidence, ou d’agir à distance dans leur pays d’origine ? Les diasporas arméniennes sont-elles un réel espace transnational ?


SÉANCE 4 : IV- Discours nationaliste azerbaïdjanais sur le patrimoine arménien et habillage culturel de la violence
Depuis quelques mois les différents médias azéris rapportent les propos virulents du président Aliev sur la situation post-conflit du Haut-Karabagh. Propos repris et amplifiés par la presse et les réseaux sociaux. Ces actes de langage ne sont pas anodins, tout d’abord par leur violence, ensuite par la référence à un système de conventions, de rituel et une stratégie qui croise les références historiques, le discours politique, la symbolique des récits épiques (le culte du héros) et le nationalisme le plus vindicatif. Comment alors croire à un droit au retour de la population arménienne ? La violence anti-patrimoniale de l’Azerbaïdjan se situe dans la haine patrimoniale que l’on constate durant les conflits et les périodes de post-conflit, depuis longtemps déjà. Par contre, cette haine patrimoniale n’est pas la conséquence de la perte d’un conflit, mais relève d’une idéologie qui mêle le nationalisme le plus violent au sentiment anti-arménien, le reniement de la diversité culturelle pour le peuple arménien (cheval de bataille de l’Azerbaïdjan en direction de l’occident) au désir de dénier toute historicité dans la région, à ce même peuple.

Issue d’un déracinement ancien, la diaspora arménienne de l’espace indien a néanmoins trouvé les conditions d’un accomplissement de sa propre culture et même d’une inventivité permettant d’entrer pleinement dans les évolutions du monde moderne.
Même si l’histoire ne se répète pas, cette saga conduit à s’interroger sur les liens entre identité et altérité dans la condition diasporique.

SÉANCE 1 : Du haut plateau au sous-continent : itinéraires et ancrages d’une diaspora singulière
Succédant à des présences ponctuelles d’Arméniens dans l’espace indien, une véritable diaspora s’y constitue à partir du XVIIIe siècle, principalement alimentée par des Arméniens de Perse que le Chah Abbas Ier avait déjà déportés cent ans auparavant depuis le Nakhitchevan vers l’intérieur de son empire. Une fois dans le sous-continent, les populations arméniennes n’ont cessé de s’y déplacer. Malgré leur mobilité et leur faible nombre, elles se sont dotées, dans plusieurs villes indiennes, d’institutions diasporiques durables.

SÉANCE 2 : L’opulent marchand arménien des Indes : mythes et réalités
Le stéréotype du riche marchand arménien des Indes est ancré dans une certaine réalité ; mais celle-ci est plus contrastée et complexe. Les fortunes pouvaient être rapides et colossales, mais aussi précaires et inégales. Par ailleurs, les marchands n’ont pas seulement poursuivi des buts économiques. Beaucoup ont été de grands mécènes, certains ont joué un rôle politique et diplomatique.


SÉANCE 3 : Une intégration sans réel enracinement
La culture hôte dans laquelle les Arméniens ont eu à s’insérer était double : indienne et britannique. Ils s’y sont parfaitement intégrés, tout en y trouvant des conditions leur permettant de garder leurs spécificités : leur manière de commercer, leur religion, leur langue et, dans l’ensemble, toutes leurs pratiques sociales.


SÉANCE 4 : Un essor culturel inédit en diaspora
Bénéficiant d’une certaine autonomie loin des lieux traditionnels de pouvoir et exposés à des contacts dont ils ont su tirer parti, les Arméniens ont, dans l’espace indien, exploré des pratiques et des formes culturelles nouvelles pour eux : pensée politique séculière, franc-maçonnerie, développement d’une instruction profane, imprimeries, journalisme et innovation littéraire.

Après un rappel de la situation des Arméniens dans l’Empire ottoman avant la Grande Guerre, ce cours met en perspective la montée des violences de masse qui les visent jusqu’au génocide de 1915-1916 et entraînent leur quasi-disparition de l’Asie Mineure, parachevée par les nationalistes turcs entre 1919 et 1923. Nous tâcherons de sortir des grands récits généraux du génocide pour tenter de retrouver les individus, la diversité des expériences et des cas de figure, en nous intéressant notamment aux relations entre « victimes » et bourreaux ». Nous verrons que l’après-guerre est marquée par d’importants efforts de collectes et de publications de témoignages dans une optique judiciaire et de réparation, mais aussi à la source des premiers savoirs sur le génocide. Nous étudierons enfin l’évolution des mémoires du génocide de la deuxième moitié du 20e siècle à nos jours, et tenterons d’expliquer les enjeux de sa reconnaissance au plan international dans le contexte du négationnisme officiel de la Turquie.

SÉANCE 1 : Le contexte et les grandes phases du génocide
Après un rappel de la situation des Arméniens dans l’Empire ottoman avant la Grande Guerre, cette première séance mettra en rapport la montée des nationalismes et celle des violences de masse visant les Arméniens depuis le dernier tiers du 19e siècle jusqu’au génocide. Les déportations et les massacres de 1915-1916 entraînent la quasi-disparition des Arméniens de l’Asie Mineure, jusqu’au parachèvement de cette destruction par les nationalistes turcs entre 1919 et 1923.

SÉANCE 2 : “Victimes” et “bourreaux”, sortir du grand récit pour retrouver les individus
Une fois les cadres généraux posés, il importe de sortir des grands récits interprétatifs globaux du génocide des Arméniens pour aller au plus près du terrain et, si possible, retrouver les individus à travers la diversité de leurs expériences, de leurs situations et de leurs actes. Cette séance s’intéressera particulièrement aux interrelations nouées au sein des convois de déportés et des camps, aux stratégies de survie, à l’agentivité des « victimes » de la persécution face à leurs « bourreaux » (gendarmes, fonctionnaires, membres de l’Organisation spéciale…), en tâchant de complexifier ces catégories. Nous nous intéresserons plus particulièrement au sort des femmes et des enfants pendant le génocide et au sortir de la guerre.

SÉANCE 3 : Documenter le génocide : témoignage, justice, histoire
L’histoire de ce génocide et de ses lendemains est également marquée par d’importants efforts de collectes et de publications de témoignages. Ceci alors que les contemporains, en Europe comme dans l’Empire ottoman, ont une conscience aigüe de l’ampleur inédite des crimes commis contre les Arméniens. Nous nous interrogerons sur les acteurs et les motivations de ces collectes, ainsi que sur leur finalité, dans une sortie de guerre où la perspective de procès et de réparations politiques était à l’ordre du jour. Nous verrons comment ces collectes de témoignages ont été à la source des premiers savoirs sur le génocide, dans une perspective comparable à celles observées en milieu juif à la même époque et de nouveau après 1945, et comment elles ont produit une étape décisive dans notre compréhension actuelle de la destruction des Arméniens de l’Empire ottoman.

SÉANCE 4 : Nommer ou nier le génocide : les enjeux de la reconnaissance
La dernière partie de ce cours se concentrera sur les aspects plus contemporains du génocide des Arméniens. Nous retracerons l’évolution de la mémoire de cet événement dans la deuxième moitié du 20e siècle, avec sa politisation croissante. Nous tâcherons de comprendre pourquoi l’exigence de reconnaissance de ce génocide est devenue un enjeu essentiel, parallèlement au renforcement et à la systématisation d’un négationnisme turc institutionnel. Cette question nous amènera à étudier l’état de la reconnaissance publique du génocide des Arméniens dans divers pays et au plan international, les variations entre mémoires publiques et mémoires privées du génocide, en Turquie, en Arménie et ailleurs, et à nous interroger sur l’enjeu crucial de la qualification du crime, plus d’un siècle après sa perpétration.

Les politiques mémorielles constituent un sous-ensemble privilégié des politiques symboliques. Elles exploitent l’interdépendance anthropologique entre identité et mémoire collective. Ces interventions publiques visent à institutionnaliser des récits communs par divers dispositifs (commémoration, programmes scolaires, patrimonialisations) Ces constructions semblent révéler d’avantage les stratégies de mise en scène du pouvoir que l’état réel de la mémoire collective. Nos représentations mentales les plus privées et nos réminiscences apparemment les plus personnelles seraient en réalité traversées par des systèmes de sens élaborés collectivement et extérieurs à notre individualité selon Maurice Halbwachs. Mais La mémoire collective semble aussi transcender l'expérience individuelle grâce à l'efficacité symbolique de la communication sociale. La guerre des 44 jours, le processus de construction de paix, les attaques sur l’héritage culturel et le patrimoine arménien de la région questionnent sur les conditions dans lesquelles l’oubli institutionnalisé devient une stratégie anti-mémorielle en vue de l’effacement du passé d’un peuple qui apparait alors comme une politique de l’oubli-manipulation. La narration constitue une ressource sociale qui peut se transformer en instrument de domination symbolique lorsque les instances de pouvoir s'approprient les mécanismes de mise en récit pour imposer une version hégémonique du passé. Cette imposition s'opère par le déploiement de stratégies coercitives ou consensuelles alternant contrainte et persuasion. Ce processus génère une modalité particulière d'amnésie collective résultant de l'expropriation des groupes sociaux de leur capacité d’auto-narration. Cela entraine une réflexion sur le processus de réconciliation proposé aux belligérants.
Face à la valorisation consensuelle contemporaine de la réconciliation comme impératif moral, la mise en perspective comparative des débats autour de la mémoire et de l’oubli dans les deux camps révèle les dimensions manipulatoires et mystificatrices inhérentes à cette notion.
Et souligne comment le discours réconciliateur peut fonctionner comme un dispositif idéologique masquant les rapports de force et les enjeux de pouvoir sous-jacents aux processus de pacification sociale.

La chute du Haut-Karabagh arménien et l’exode de la totalité de sa population, suite à l’offensive de l’armée azerbaïdjanaise en septembre 2023, ont été un séisme géopolitique pour les Arméniens de ce territoire et pour l’ensemble de la transnation arménienne. Achevant une séquence militaro-diplomatique d’environ trois ans, entamée par l’attaque de l’Azerbaïdjan, soutenue par la Turquie, en septembre 2020, cette fin tragique pour la partie arménienne est le fruit de dynamiques locales, à l’œuvre parfois depuis des décennies, mais découle également de dynamiques internationales. En effet, beaucoup d’États et d’acteurs géopolitiques majeurs ont été amenés à prendre position sur la question, voire se sont impliqués politiquement ou militairement. L’objectif de cette séance est ainsi d’examiner les points de vue, les politiques, et donc le rôle, direct ou moins direct, des grands acteurs régionaux et internationaux, comme la Turquie, la Russie, les États-Unis, l'UE, mais aussi Israël, l'Iran, la France ou l'Inde, dans l’effondrement du Haut-Karabagh arménien, en se focalisant spécifiquement sur la séquence géopolitique de 2020-2023

 Rappel, Julien Zarifian a récemment dirigé "La chute du Haut-Karabagh arménien (2020-2023) et le jeu des puissances", Orients Stratégiques N°16, 2024.

La présence des religions à l'échelle mondiale, manifestée à travers l'engagement d'acteurs religieux dans des missions traditionnelles et des représentations particulières au sein de l'ordre international, ne constitue pas un phénomène récent. Selon divers chercheurs, l'influence des religions dans le contexte institutionnel remonte au début du XXe siècle, mais cette influence s'intensifie actuellement. 
Les acteurs religieux émergent progressivement comme des agents cruciaux au sein de la dynamique du monde global, jouant un rôle de plus en plus déterminant dans les interactions sociales, politiques et économiques contemporaines. Dans le contexte des États libéraux, on observe une hiérarchisation des valeurs où la défense de la liberté religieuse et celle des minorités persécutées en raison de leur foi occupent une place prépondérante. Par exemple, la France s’est impliquée activement dans la protection des chrétiens d’Orient, dont l'identité culturelle est liée à une tradition francophone. Finalement, l'intégration des références religieuses dans la politique étrangère de nombreux États s'inscrit dans un contexte plus large de projection identitaire, de production de normes et d'assertion de stratégies de puissance. 

SÉANCE 1 : Les religions dans les conflits, comment renouveler le cadre de l’analyse

SÉANCE 2 : Religions et relations internationales

SÉANCE 3 : Enjeux de la préservation du patrimoine religieux et de l’héritage culturel arménien

Campagnes de désinformation, manipulations de l’opinion publique, ou encore ingérences numériques, l’espace informationnel s’impose comme un nouveau territoire pour les États. Entre stratégies défensives et offensives, comment se structurent l'espace informationnel. La nature du combat informationnel est d’attaquer les fondations et les structures de la cible plutôt que de répondre à ses actions ou de chercher le rapport de force. Fausser ou orienter ses perceptions permet de modeler son comportement.  D’autres opérations peuvent paralyser sa « volonté politique ». Enfin, agir sur ses critères de légitimité a pour effet de « saper la cohésion sociale, et même d’éroder les capacités de résilience économique, politique et sociale ».


SÉANCE 1 : Communication internationale, guerres et médias. Le cas du Haut-Karabagh durant et après la guerre des 44 jours
La guerre est profondément un acte de communication, la guerre des 44 jours entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan sera le socle de l'analyse des usages et de la transformation de la communication dans les conflits mais aussi dans le processus de construction de paix. Comment les pouvoirs agissent sur les consciences, redéfinissent le faux et le vrai et impose une lecture du monde compatible avec les intérêts du moment.

SÉANCE 2 : Médias, journalisme, cadrage informatif
Durant le conflit des 44 jours, différents médias et les réseaux sociaux proposent une couverture des évènements dans un environnement peu connu du grand public. Comment s'exerce alors le journalisme autour de ce conflit armé ? L'information est-elle viable puisqu'elle est parfois très lacunaire ? Techniques de manipulation et outils informationnels quand la couverture médiatique est délicate ou partiale ?

SÉANCE 3 : La guerre à l'ère de l'IA
La substitution de l’analyse automatisée aux processus de sélection humaine peut être appréhendée comme un déplacement des régimes de responsabilité, traduisant un basculement à la fois moral et juridique. Elle s’inscrit dans une dynamique d’intensification des formes de violence technicisée, rejoignant l’intuition formulée par le politiste Armin Krishnan dans son ouvrage Killer Robots, où il évoquait déjà l’avènement d’une guerre « inhumainement efficace ».

SÉANCE 4 : Réécrire l'histoire, bataille des mots et des représentations, le storytelling de la guerre des 44 jours et du processus de paix
Dans les conflits contemporains, les luttes ne se jouent pas uniquement sur le terrain militaire, mais aussi dans l’espace des discours. Les états-majors investissent ainsi la production de récits pour influencer les perceptions, à la fois chez l’adversaire et au sein des opinions publiques. Ces « armes » immatérielles renvoient à des stratégies de communication et de cadrage destinées à intimider, légitimer l’action ou mobiliser les soutiens.

Dans un contexte marqué par la montée des rivalités géopolitiques, la culture tend à s’affirmer comme une ressource stratégique d’influence et de pouvoir symbolique. Elle ne se réduit plus à ses dimensions artistiques ou au simple échange interculturel, mais participe pleinement à la concurrence entre États autour des récits, des modèles sociaux et des systèmes de valeurs.

SÉANCE 1 : Culture et diplomatie : Les activités culturelles influencent-elles la diplomatie ? Le cas arménien
Lorsque l'on parle de diplomatie culturelle, les activités culturelles ne prennent une signification qu'intégrées aux activités de relations publiques. En tant que condition préalable au dialogue, la compréhension réciproque de la culture de l'autre parait indispensable.  Quelles sont les stratégies culturelles de l'état arménien ? Quelle culture veux-t-on montrer aux autres pour se faire connaître ou reconnaître ? Quelle place à la diplomatie publique ou des publics ?

SÉANCE 2 : La culture est-elle un soft power ou un outil valide pour discuter avec les opinions publiques ?
La variété des acteurs qui composent les relations internationales a évolué et l'action du soft power ne relève pas seulement de l'action d'un État, ces divers acteurs dont les diasporas produisent du soft power. Il faut donc prendre en compte les réalisations de ces acteurs. Dans une sophistication des stratégies d'influence quel rôle pour les diasporas arméniennes ?


SÉANCE 3 : Identité, altérité, maintien de la cohésion sociale, les enjeux de la culture arménienne
Les diasporas arméniennes sont considérées comme un vivier de talents potentiels mais sont-elles un creuset de créativité ? Comment cette culture arménienne est-elle diffusée ? Ses enjeux pour le futur ?

Aussi faisons-nous l’hypothèse que les textes révélés doivent être intelligibles ; en particulier le récit de création qu’on trouve dans la Genèse.
On peut le lire comme plongé dans la littérature mythologique babylonienne, avec un accent monothéiste, propre à la tradition hébraïque. Alors on ne cherche pas à comprendre ce texte, puisqu’il est entendu qu’il n’y a rien à comprendre sinon qu’il s’agit d’une façon poétique de raconter que Dieu est le créateur du monde. 
Mais si on le lit comme porteur d’intelligibilité de ce monde, puisque ce monde a été fait par le Verbe, alors nous découvrons des énoncés logiques ! Il nous faut donc acquérir des instruments de pensée adaptés.

I - La première phrase de la « création » (Gn 1 :1), un acte de différenciation quaternaire.
II- La disposition du Jardin d’Eden et la tentation de la femme
III- Les trois tentations de Jésus au désert
IV- Pourquoi le récit de la création est-il distribué en six jours ? 

« C’est un prophète sorti de toi, de tes frères, comme moi que YHWH ton Dieu fera se lever pour toi, c’est lui que vous écouterez ». 
Ce « comme moi » attire notre attention, d’autant que Jésus affirme : « Vous scrutez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle et ce sont elles qui témoignent de moi. Et vous ne voulez pas venir auprès de moi pour avoir la vie éternelle. […] Comment pensez-vous que c’est moi qui vous accuserai auprès du Père ? Il y en a un qui vous accusera, Moïse lui-même en qui vous espérez. Car, si vous croyiez Moïse, vous m’auriez cru aussi, car c’est de moi qu’il a écrit. Mais si vous ne croyez pas ses écrits comment croiriez-vous à mes paroles ? » (Jn 5 : 39-47). 
Après ces paroles, il paraît souverainement important d’étudier les écrits de Moïse et de les comprendre, puisque c’est une condition formelle de la foi (= l’assentiment de l’intelligence à la vérité) en l’enseignement de Jésus. 

I- La vocation de Moïse
II- L’usage des signes (le bâton de Moïse)
III- La confusion des langues (Babel) et la purification de la langue chez Isaïe
IV- Isaïe et ses prophéties du Serviteur (Is 52-53)

Nous vous proposons d’approfondir les logiques de composition des quatre textes évangéliques et de donner des éléments permettant de caractériser chacun des quatre textes, pour en saisir les raisons des similarités et des différences, et discerner autant que possible les indices de leurs étapes de composition.

Pour donner un caractère plus concret à chaque séance nous proposerons à ceux qui le souhaitent de mémoriser une perle orale (avec mise à disposition du matériel pédagogique nécessaire, selon une traduction de l’araméen dans la tradition de l’Eglise de l’Orient) et nous fournirons en amont de chacune des séances une petite liste de questions aiguisant la curiosité ou de « lieux communs » exégétiques, auxquels chacun devrait être en mesure de répondre à la fin de la séance.

I- La reconstitution du parcours de remémoration des apôtres
II- Les jeux d’alternance des colliers à plusieurs voix
III- La logique sacerdotale de la Karozouthâ de Pierre (Mc)
IV- Le filet de Jean et ses étapes de construction
v- L’évangile de Luc, l’évangile des femmes et des diacres

Nous vous proposons d’approfondir les logiques de composition des quatre textes évangéliques et de donner des éléments permettant de caractériser chacun des quatre textes, pour en saisir les raisons des similarités et des différences, et discerner autant que possible les indices de leurs étapes de composition.

Pour donner un caractère plus concret à chaque séance nous proposerons à ceux qui le souhaitent de mémoriser une perle orale (avec mise à disposition du matériel pédagogique nécessaire, selon une traduction de l’araméen dans la tradition de l’Eglise de l’Orient) et nous fournirons en amont de chacune des séances une petite liste de questions aiguisant la curiosité ou de « lieux communs » exégétiques, auxquels chacun devrait être en mesure de répondre à la fin de la séance.

I- Le collier des diacres : une formation approfondie pour le service de la Parole
II- Le collier de la Miséricorde : la composition des « veuves » autour de Marie
III- Le Shéol : ultime insistance de la Miséricorde Divine
IV- La vision des fins dernières à partir de Mt 24 et Ap 20

Qui n’a jamais entendu parler des manuscrits de la mer Morte ou du site de Qumrân ? Depuis 1947, en effet, ces fameux textes rédigés sur parchemin ou sur papyrus entre le IIIe s. av. J.-C. et le milieu du Ier s. apr. J.-C. font régulièrement la Une des journaux du monde entier, avec parfois, hélas, des relents de sensationnalisme mal venu. Nous départagerons donc dans ce cours la part du vrai de celle du faux, en présentant d’abord l’histoire de la découverte des manuscrits dits de Qumrân et celle de la fouille du site par l’équipe du Père Roland de Vaux dans les années 1950, puis par les archéologues israéliens dans les années 2000, en mettant en lumière les approches parfois diamétralement opposées des exégètes et des archéologues quant à l’interprétation du site et son lien avec les manuscrits et les Ésséniens. Nous verrons ensuite que beaucoup d’autres manuscrits ont été découverts ailleurs, dans le désert de Judée et près de la mer Morte, et nous terminerons en replaçant le tout dans un contexte historique plus large qui concerne la période du règne du roi Hérode le Grand.
I- Qumrân et la mer Morte. Une région pas si déserte que ça ! (partie 1)
II- Qumrân et la mer Morte. Une région pas si déserte que ça ! (partie 2)
III- Les manuscrits de la mer Morte : Qumrân, Wadi Daliyé, Khirbet Mird, Wadi Murraba’at, Nahal Hever, Masada
IV- Le règne d’Hérode le Grand et le rôle de son royaume dans l’empire romain

Outre leur dimension théologique et eschatologique fondamentale et leur rôle majeur dans l’élaboration de la civilisation chrétienne à travers les âges et jusqu’aux confins de la terre, les textes du Nouveau Testament regorgent d’informations à caractère historique et archéologique dont on mesure, chaque jour, la pertinence et l’exactitude sans faille. L’enjeu de ce cours est d’aller au cœur de la recherche archéologique en présentant les résultats, parfois spectaculaires, des découvertes qui, depuis plus d’un siècle et demi, viennent confirmer la véracité des écrits néo-testamentaires. Sans prétendre à l’exhaustivité, nous aborderons la question de l’archéologie du Nouveau Testament par le biais d’une présentation géographique des principaux sites, en débutant par le nord, la Galilée et la mer de Tibériade, jusqu’au sud, la vallée du Jourdain et la Judée, en passant par la plaine de Sharon et la Samarie.

I-  Autour de la mer de Galilée (Magdala, Tabcha, Yardenit, Capharnaüm, Hammat-Tibériade (et le bateau du Ier s.), Korazim, Mont des Béatitudes, Kursi, Tel Hadar, Bethsaïde (Tel Araj et ed-Tel)
II- Galilée (Nazareth, mont Thabor, Naïn, Khirbet Cana, Jotapata, Sepphoris)
III-  Sharon et Samarie (Césarée Maritime, Jaffa (maison de Simon le Tanneur [Ac X, 6]), mont Garizim, Samarie, Puits de Jacob
IV-  Vallée du Jourdain et Judée (Jéricho, Jérusalem, Hérodion, Emmaüs [Hammat/Nikopolis], Horvat Kerioth)

Les routes de la soie nourrissent l’imaginaire, en Occident, depuis des siècles. Si c’est l’image de Marco Polo qui revient le plus communément en mémoire, elles lui sont pourtant bien antérieures, leur développement remontant à l’Antiquité. Espaces de circulation, elles ont favorisé les processus d’échange des techniques et des savoirs. C’est également par elles que se sont diffusées les grandes traditions religieuses. Ce cours complotera leur dimension historique et notamment leur rôle d’interface et de vecteur de communication.

I- La soie avant la route
II- Entre la crainte des Xiongnu … et la fascination chinoise pour les Chevaux célestes, l’ouverture à l’occident
III- La structuration des routes en un réseau unifié
IV- Prisée mais mystérieuse : la soie et ses enjeux

Le Moyen-Orient représente un espace historiquement disputé et hautement sensible sur le plan géopolitique. Situé à la charnière des continents européen, africain et asiatique, il n’a cessé d’être au cœur des rivalités des puissances régionales successives au cours des siècles. Ce cours s’intéressera à la région au regard de l’équilibre précaire actuel. La question des minorités, centrale dans cette partie du monde, sera abordée de même que les dynamiques mises en œuvre par les grandes puissances afin de remodeler la zone en fonction de leurs intérêts respectifs.

I- Une région complexe
II- Des puissances régionales rivales
III- La question des minorités
IV- La question des minorités

La décennie 2010 est marquée par le développement des nouvelles routes de la soie établies par le gouvernement chinois à partir de 2013 sous l’égide de Xi Jinping. Si certains tracés reprennent ceux de l’antique route de la soie, elles témoignent d’une réalité économique différente et doivent se lire dans le contexte plus général d’une affirmation de puissance la part de la Chine. Variées, s’étalant aussi bien sur l’espace continental eurasiatique que sur l’espace maritime mondial, elles suscitent, selon les acteurs, espoir ou méfiance. Le cours s’attachera à analyser les effets géopolitiques de l’émergence de ce mécanisme sans équivalent ainsi que ses conséquences en termes d’équilibre des puissances.

I- L’émergence des nouvelles routes de la soie : un projet à visée continental
II- Une double application : terrestre et maritime
III- Un instrument d’influence et de puissance
IV- La montée des rivalités et des obstacles

L’araméen nous fait sortir de l’arbitraire du signe (selon l’expression F. de Saussure). Chaque consonne correspond à un geste (ou quelques gestes) et les racines consonantiques des mots sont en relation avec ces gestes. Nous allons parcourir les 22 consonnes en faisant le lien entre graphies et gestes, puis tourner autour du sens de quelques racines qui en découle.